
La Briche foraine
Mon aïeule Léona Léa Chabot, descendante d’une grande famille de forains, a demeuré rue de la Briche à Saint-Denis durant les années 50. En voulant géolocaliser cette rue en ma ville natale, j’ai lu que celle-ci était surnommée depuis quelques années « La Briche foraine« .

Historiquement, cette rue trouve son origine au hameau du même nom répertorié sur un plan en date de 1740 et qui la révélait sous la coupe de la paroisse d’Epinay.
Après le siège en 1814 par l’armée russe, le roi Louis-Philippe lance la construction de l’Enceinte de Thiers afin d’empêcher toute nouvelle tentative de conquête étrangère. Cette fortification englobe la capitale et en bonne partie le premier anneau de communes l’entourant dont la ville de Saint-Denis qui accueillera dans les années 1840, trois des seize forts de cet ambitieux projet à savoir le Fort de l’Est, le Fort de la Double Couronne et au Fort de la Briche.
Parallèlement, la Révolution industrielle a transformé la ville de Saint-Denis et ses infrastructures. L’aménagement de l’écluse et du quai de la Briche en 1821 permettent à des sociétés et industries de s’y installer ; On y retrouve Martiny & Cie, Gaudry, Victor Zirn Sr pour la plomberie, le Grand chantier de la Briche de Levy Frères anciennes Maison Mazurier, mais aussi une compagnie de charbons ou encore l’usine Roser, une des plus importantes de la commune de Saint-Denis, avant qu’elle ne subisse un raid d’avion le 8 mars 1918.
Cette partie de la commune enclavée entre la voie ferrée, le canal et la nationale par laquelle je passe bien souvent, ne semblait avoir d’intérêt que pour des établissements et industries. Mais c’était sans connaître la société qui s’y était implantée… Les bâtiments actuels sont ceux du site de récupération de métaux construit en 1910 et ils furent réhabilités en ateliers pour artistes et artisans de diverses spécialités qui s’auto-gèrent, comme une sorte d’écoquartier, précaire mais enchanteur.

Métiers artisanaux, de l’art, du livre et de l’image, du cinéma, du spectacle… Tous les ans depuis 2011, les « Brichecards » pour les plus anciens ou les « Brichous » pour la nouvelle génération (qui est mon nom à l’envers!), célèbrent « La Briche foraine », une fête de leurs ateliers durant laquelle ils mettent en avant leur savoir-faire avec la participation de bénévoles : « Attractions, machines, parades, concerts et spectacles » ainsi que des guinguettes éphémères au bord du canal… Depuis quelques années, la bande expose son savoir-faire dans d’autres communes de France.












[Photographies trouvées sur internet]