Famille Allanche

C’est à Saint-Laurent-de-Veyrès, une commune rurale située dans le département de la Lozère, à la frontière du Cantal, que l’on retrouve la présence des Allanche dont ma mère porte le patronyme. Le surnom patois de ladite commune est « la parouchito » (prononcer paroutchite) qui signifie « la petite paroisse ». Composé de trois hameaux, Saint-Laurent, Veyrès, et Breschet, la parouchito abritait 299 habitants en 1821 contre 37 en 2017, se classant ainsi en tête des communes les moins peuplées du département et complexifiant les recherches généalogiques parmi les habitants qui tous sont en finalité des parents plus ou moins proches …

1. PIERRE HALENCHE

Le premier aïeul connu de la branche


Parmi les « Halenche » qui demeurent en la commune de Saint-Laurent-de-Veyrès, deux fratries se distinguent dont l’une d’entre elles est notre ascendance. Ils vivent au hameau de Veyrès et forment un clan soudé et proche d’un certain Pierre Halenche, fort probablement leur dernier parent (père ou grand-père), parrain de toutes les premières filles et jumelles qui naîtront des suites des unions de cette fratrie.

L’autre fratrie habitant en ces lieux semble être une branche cousine originaire de Noalhac à laquelle je ne m’attarderai pas ici car l’histoire que nous allons tisser aura toute sa complexité ! S’agissant d’une commune très peu peuplée, les mariages célébrés sont ceux de cousins à différents degrés… tous les habitants sont donc tous plus ou moins de la famille…

2. GUILHAUME HALENCHE ET MARGUERITE RAUSAYRE
2. MARIE HALENCHE ET DURAND BOYER

Un frère et une sœur pour aïeuls


La fratrie Halenche dont je descends est composée de Jacques Halenche, de notre aïeule Marie Halenche, et de notre autre aïeul, Guilhaume Halenche né vers 1671. Tous les trois vont se marier en deux ans d’intervalles ; Jacques épouse le 15 juin 1700 une certaine Elisabeth, dit Izabeau, dont le nom de famille reste confus puisqu’en première écriture, les registres indiquent que Elisabeth porte le patronyme Filhon, puis vraisemblablement après son décès, le curé rectifiera tous les actes pour lui attribuer le nom Courtiol.

Le 01 février 1701 c’est à notre aïeule Marie Halenche de se marier ! Elle épouse Durand Boyer, possiblement plus âgé qu’elle, veuf de Marguerite Filhon ou Courtiol, décédée deux années auparavant (de la famille d’Elisabeth?). L’implexe fait des ravages avec cette union puisque Durand Boyer aura eu un fils lors de son premier mariage et dont la descendance sera une banche cousine lors de plusieurs mariages entre cousins Allanche.

Le 08 février 1702, notre autre autre ancêtre, Guilhaume Halenche, épouse Marguerite Rausayre native de la commune. Durand Boyer, époux de Marie, et Guillaume Boyer sont présents lors de la cérémonie.

Douze enfants naîtront de ces trois mariages, et dont les trois premières filles ainsi que les jumelles de Marie auront pour parrain le fameux Pierre Halenche. Ce clan Halenche est si soudé que chacun des membres aura le rôle de parrain pour ses neveux et nièces. Parmi toutes ces naissances, nous retiendrons évidemment celles de nos ascendants tous deux nés en l’année 1707, à savoir ;
Jacques Halenche, fils de Guillaume Halenche et de Marguerite Rausayre, qui reçoit Jacques Halenche pour parrain le jour de son baptême organisé le 06 février 1707,
Catherine Boyer, cinquième et dernière fille de Marie Halenche et Durand Boyer, qui reçoit pour parrain Guilhaume Halenche et pour marraine Catherine Courtiol, lors de son baptême célébré le 25 octobre 1707.

Je passerai le détail sur toutes les autres naissances dont leurs descendances se marieront entre elles au fil des générations.

Mais la vie n’offre pas des années heureuses. Alors que la France est en pleine guerre de Succession (1701-1714), l’hiver de l’année 1709 plonge l’Europe dans un froid historique durant trois mois durant lesquels les températures atteignent les -20 degrés. Toutes les cultures sont gelées, le peuple et les élevages meurent d’hypothermie, sinon par la famine et la propagation de maladies sous fond d’inflation. La France comptera 600 000 victimes cette année-là dont deux membres de la famille, Durand Boyer le 25 avril à l’âge de 40 ans environ et Elisabeth (Filhon ou Courtiol) le 12 mai à l’âge de 35 ans environ.

S’en suit le décès de Pierre Halenche le 01 mai 1712 à l’âge de 73 environ, Marie Halenche (fille) qui meurt le 08 janvier 1718, Jacques Halenche qui décède le 25 septembre 1719, suivie par sa fille Marguerite Halenche le 15 mars 1720 alors qu’elle est à peine âgée de 18 ans. Son décès éteint la lignée de Jacques Halenche.

3. JACQUES ALANCHE et JEANNE SADOUL
3. CATHERINE BOYER et ANTOINE AUVERGNAS

Deux mariages à l’hiver 1733


Avant de s’attarder sur l’union des enfants de Guilhaume et de sa soeur Marie Halenche, nos aïeux, il convient de faire le point sur ces deux familles.

  • Branche issue de Guilhaume Halenche

Guilhaume Halenche et Marguerite Rausayre auront 5 enfants dont seul notre aïeul, Jacques Alanche, premier garçon de la fratrie, restera faire sa vie en la commune après son mariage. D’ailleurs il signe un contrat de mariage par devant Maître Filhon, notaire à Fournels, avant de partir en la paroisse de Brion où il prend pour épouse Jeanne Sadoul, native de la dite commune, le 12 février 1733.

Les registres ne recensent la naissance que de trois enfants, dont un garçon mort né qui fut baptisé avant sa mort par la sage-femme, Catherine Mezard, mère de Antoine Auvergnas (possiblement), qui était aussi présent, puis notre aïeul, Joseph Alanche, né le 18 décembre 1739 et baptisé le lendemain auprès de son parrain Joseph Sadoul de Brion et de Jeanne Halenche sa tante de Grandvals.

  • Branche issue de Marie Halenche

Marie Halenche et Durand Boyer feront 5 filles dont des jumelles qui auront pour parrains et marraines Pierre Halenche et leurs proches. La particularité de cette famille réside à la fois par une certaine proximité familiale ainsi que par un sentiment de préservation patrimonial grâce aux contrats de mariages de leurs filles, à l’exception de Louise Boyer qui épouse un certain Bernard Halenche, de Noalhac. Catherine Boyer, notre aïeule née le 08 septembre 1703, est la seconde fille de la fratrie et la seconde à se marier. Avec son cousin germain pour témoin, (notre autre aïeul) Jacques Halenche, elle épouse Antoine Auvergnas, fils de Guillaume et Catherine Mezard, le 08 janvier 1733 après avoir signé un contrat de mariage par devant Maître Filhon, notaire à Fournels. Le couple aura 1 garçon et 4 filles dont notre aïeule Louise Auvergnas née le 13 mai 1742 et baptisée le jour même.

Pour la petite histoire, la famille Auvergnas a vécu un terrible drame alors que Antoine devait fêter son deuxième anniversaire ; son père fut retrouvé noyé dans « la rivière de Bès venant de Rouergue » et enterré à l’âge de 36 ans…

4. JOSEPH ALANCHE et LOUISE AUVERGNAS

Mariage héritage de l’implexe familial


En 4 ans seulement, le décès de Marguerite Rausayre le 13 avril 1735 suivi par son époux Guillaume Halenche le 23 mars 1736 et de sa soeur Marie Halenche le 23 février 1741, marquent l’extension de cette première génération avec laquelle notre récit a débuté… Continuons a descendre la lignée, en notant par ailleurs que la patronyme familial s’écrit à présent par les curés de la manière suivante : « Alanche ».

Les années passent, les enfants grandissent dans les deux branches de la famille, et non loin de là, les villageois alentours sont attaqués par une mystérieuse créature surnommée « la Bête du Gévaudan« . La terreur est telle que le roi Louis XV envoie un régiment de soldats en Lozère. Une attaque aura lieu en octobre 1764 à moins de 4km de notre famille. Le 21 septembre 1765, un porte arquebuse du roi nommé François Antoine tue un grand loup-cervier dans le domaine de l’abbaye royale des Chazes. Persuadé qu’il s’agit de la fameuse « Bête », l’animal est empaillé et envoyé à Versailles comme trophée. Mais les attaques continuent et prennent fin le 19 juin 1767, peu après qu’un paysan nommé Jean Chastel ait tué un gros loup ou gros chien. Plus d’une centaine de victimes seront dénombrées entre 1764 et 1767. Mais revenons à nos moutons !

Suite à la publication des trois bancs, à la validation d’une dispense de consanguinité au 3ème degré accordée par Monsieur Louis, vicaire général de Monsieur L’évêque, puis la signature d’un contrat de mariage établi par le royal notaire de Chauchallettes (?), Joseph Allanche épouse sa cousine Louise Auvergnas le 22 janvier 1771 en la paroisse de Saint-Laurent-de-Veyrès. La boucle est bouclée !

Le couple aura 1 fille et 4 garçons dont notre aïeul Pierre Allanche né le 21 mars 1776. Cette nouvelle fratrie va complexifier les recherches dans cette petite commune où tout le monde est cousin à des degrés différents. Par exemple, leur fils Guillaume épouse sa cousine au 4eme degré, Marie Jeanne Rauzaire (l’obtention de la dispense pourra me faire remonter la lignée je l’espère), et l’un de ses fils épousera aussi une Rauzaire.

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Un autre implexe familial aura lieu entre ses générations puisque la petite fille de Charles, Marie Agnès Calciat, deviendra l’épouse en secondes noces de son cousin Charles Augustin Allanche, petit fils dudit Guillaume.

Les enfants grandissent dans un pays qui se déchire. Alors que la Révolution française fait rage, le département de la Lozère est créé le 04 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789.

Le 09 février 1803 décède Louise Auvergnas à l’âge de 60 ans. Nous apprenons qu’elle était fileuse et veuve de Joseph, décédé à une date non indiquée dans les registres.

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5. PIERRE ALLANCHE et ELISABETH JOUBERT

Le 20 janvier 1804, Pierre Allanche alors cultivateur âgé de 27 ans, se rend en la paroisse de la commune de Termes afin d’y prendre pour épouse Elisabeth Joubert, âgée de 22 ans, fille de Jean et Antoinette Bonnet originaires de La Fage-Montivernoux et Termes.
Pour la petite anecdote, Pierre Jean Joubert, le neveu d’Elisabeth, prendra pour épouse Marie Agnès Allanche, nièce de Pierre.

Pierre Allanche quitte Saint-Laurent-de-Veyrès et s’installe avec Elisabeth Joubert au mas de Chaffol en la commune de Noalhac en Lozère, abritant près de 323 habitants environ. De cette union naît
Marie Antoinette Allanche née le 08 mars 1805, Antoine né le 21 octobre 1806, Jean-Baptiste né le 11 août 1808, Marie Agnès née le 05 septembre 1810, Charles né le 12 juin 1813 et notre ancêtre Jean né le 20 août 1816.

Mais parmi ces merveilleuses naissances, celle de Marie Agnès Allanche a été suivie d’un dramatique décès. En effet, Antoinette Bonnet, la maman d’Elisabeth Joubert, décède dans sa maison le 30 du même mois, à l’âge de 58 ans.
Trois décès en 1817

Alors que notre ancêtre Jean se prépare a fêter son 2ème anniversaire, son père Pierre Allanche décède brutalement le 26 avril 1818 à l’âge de 42 ans. Il laisse son épouse Elisabeth de 37 ans et ses 6 enfants… mais on retrouve rapidement cette dernière le 18 octobre 1821 à Noalhac où elle prend pour époux un certain Jean Antoine Bousquet, cultivateur de 10 ans son cadet. Les deux époux déclarent reconnaître François Bousquet, leur fils né de leur union le 21 juin 1820. Âgée de 42 ans, Elisabeth met au monde une petite Marie Rose le 14 juillet 1823, sûrement sa dernière enfant.

Sept ans plus tard, Elisabeth Joubert décède le 31 juillet 1830 à la maison dite « Guillaumette » située à La Fage-Montivernoux en présence de son époux Jean Antoine Bousquet.

Marie Antoinette Allanche, célibataire qui aura eu une fille, décède subitement en sa maison à Saint-Laurent-de-Veyrès à l’âge de 40 ans.

Antoine Allanche épousera une certaine Marie Agnès Boyer, qui n’est autre que la descendante du premier mariage de Durand Boyer époux de la vieille aïeule Marie Halenche (chapitre 1). Mariage tardif, il décèdera l’année qui suivra, sans enfant. Elle ne se remariera pas. Sa soeur Marie Agnès Allanche éousera Jean Joseph Boyer frère.

6. JEAN ALLANCHE et MARIE JEANNE PAGES

Deux frères épouseront deux soeurs


Le 07 février 1853, les frères Allanche épousent les sœurs Pages

A notre grande surprise, notre ancêtre Jean et son grand frère Jean Baptiste établissent le 31 janvier 1753 un contrat de mariage par devant Maître Filhon, notaire au Mazet, afin de prendre pour épouses les sœurs Monique Agnès et Marie Jeanne Pages !

Commençons par l’aîné. Célibataire âgé de 44 ans et demeurant a Veyres, hameau commune de Saint-Laurent-de-Veyrès, Jean Baptiste prend pour épouse Monique Agnès âgé de seulement 28 ans, 6ème des 10 enfants qui composent la fratrie Pages. Quant à Jean, notre ancêtre cadet de la famille, il est à présent âgé de 36 ans et exerce la profession de domestique à Le Cibial, un hameau des Deux-Verges, commune du Cantal. Il prend pour épouse Marie Jeanne Pages, sans profession, âgée de 20 ans et 9ème des 10 frères et soeurs de la fratrie. Cette famille Pages est essentiellement originaire de la commune de Chauchailles, en Lozère et une autre petite partie du Rocher de Saint-Rémy-de-Chaudes-Aiguës dans le Cantal.

Les deux mariages sont célébrés le 07 février 1853 en la commune de Chauchailles, en Lozère.

Jean Baptiste et Monique Agnès retourneront à Saint-Laurent-de-Veyrès où ils fonderont une famille composée de 4 enfants. Nos ancêtres Jean et Marie Jeanne resteront quant à eux à Frayssinoux, en Chauchailles, où Jean deviendra cultivateur. Le couple aura aussi 4 enfants ;
Jean Baptiste né le 26 janvier 1856, notre ancêtre Marguerite Elisabeth Allanche née le 03 mars 1858, Rosalie Marie née le 06 janvier 1860 et enfin Marie Agathe née le 04 février 1864.

Très rapidement, nous retrouvons le couple fermier à Le Cibial en la commune de Deux-Verges dans le Cantal où naît leur premier enfant, Pierre Jean Louis Allanche, le 14 mars 1854. Puis ils retournent à Chauchailles où naissent Jean Baptiste Allanche, mon aïeule Marguerite Elisabeth Allanche, Rosalie Marie Allanche et Marie Agathe Allanche. En 1864, la famille est à Saint-Martial dans le Cantal lorsque Marie Jeanne Pagès donne naissance à une fille nommée Catherine Allanche. Elle restera en la dite commune, possiblement chez un père nourricier, chez qui elle décèdera à l’âge de 6 ans…

7. MARGUERITE ELISABETH ALLANCHE

Les garçons partent à Paris, les filles ont des enfants naturels…


Pierre Jean Louis Allanche est domestique lorsqu’il s’installe au 27 rue Mouton-Duvernet à Paris et reviendra pour effectuer son service militaire. Son frère Jean Baptiste Allanche le rejoint sur la capitale avant de démarrer son service militaire en 1876 sous le surnom de « Pichounel ». Dans le même temps, le ventre de leur soeur Marguerite Elisabeth Allanche s’arrondi. Âgée de seulement 18 ans, elle accouche en la maison de ses parents le 15 août 1876 vers 6h du matin d’un petit garçon, châtain aux yeux marrons, qui n’est d’autre que notre ancêtre auquel elle donnera le prénom de Eugène. Son père Jean Allanche fera la déclaration de naissance et Marguerite Elisabeth Allanche le reconnaîtra trois mois plus tard. (On notera qu’elle est déclarée sous le nom de Marie Jeanne Allanche).

C’est à ma grande surprise que Marguerite Elisabeth Allanche et ses deux sœurs accoucheront chacune leur tour d’enfants naturels entre 1876 à 1889. Marguerite Elisabeth Allanche donnera naissance à deux autres garçons, Adrien Jean Baptiste Allanche, petit brun aux yeux gris (1883) et Joseph Allanche (1887) garçon châtain aux yeux bruns, Rosalie Marie dit Rose Allanche accouchera à Chaudes-Aigues d’une petite qui ne survivra pas (1889) et Marie Agathe Allanche, tricoteuse, donnera naissance à deux garçons (1880 et 1885) avant d’épouser Etienne Gerbal en 1888, fils naturel, avec qui elle aura deux enfants une fille, Marguerite Louise Gerbal qui épousera Jean Louis Biron, frère de Marie Célestine Biron!. Rosalie Marie dit Rose se mariera à ses 41 ans en 1901 avec un certain Michel Boussuge. Peut-on penser à une affaire de viol sur les filles en cette génération ?

Notre aïeule Marguerite Elisabeth Allanche ne se mariera jamais et travaillera comme domestique au hameau Le Bégonal à Chauchailles. Jean Baptiste Allanche reviendra chez ses parents à Chauchailles où il décèdera le 07 août 1896 à 7h du matin à l’âge de 40 ans. Dix ans plus tard, son frère Pierre Jean Louis Allanche décèdera à Paris à l’âge de 51 ans, laissant derrière lui Lucien Jean Baptiste Allanche, seul enfant survivant et devenu orphelin à présent (que l’on retrouvera plus tard).

8. EUGENE ALLANCHE dit Pichounel et CELESTINE BIRON

Deux générations à la guerre


Eugène Allanche demeure au hameau de Salecrus à Chauchailles où il travaille comme domestique cultivateur. Il épouse le 21 juillet 1897 une certaine Marie Célestine Brion, âgée de 23 ans, sans profession, et … enceinte de 7 mois ! Née au Roc, elle demeure aussi à ce hameau avec ses parents Antoine Biron, fermier, et Catherine Mathieu, ménagère. Pour l’anecdote, Jean Louis Biron (1890), petit frère de Marie Célestine Biron, épousera Marguerite Gerbal en 1919, qui n’est autre que la cousine germaine de Eugène (fille de Marie Agathe Allanche).
Marie Célestine Brion donne naissance à une petite Marie Marguerite Allanche le 19 septembre chez ses parents à Salecrus. Eugène doit cependant mettre en pause sa vie de famille afin d’incorporer l’armée le 16 novembre 1897, le temps de son service militaire. Après 3 ans de service, il est envoyé dans la disponibilité le 22 septembre 1900 avec un certificat de bonne conduite. Sa fiche nous informe aussi qu’il est surnommé « Pichounel », comme son défunt oncle Jean Baptiste Allanche (En espérant que ce ne soit l’ombre d’une mauvaise histoire). Peu de temps après son retour, Eugène et Marie Célestine Biron reprendront le cours de leur vie et le XXème siècle s’achève funestement pour eux puisque dans la nuit du 31 décembre 1900 décède la grand-mère paternelle, Marie Jeanne Pages, à l’âge de 67 ans, en son domicile situé au hameau de Frayssinoux. Elle manquera la naissance quatre jours plus tard de son arrière-petit-fils Adrien Jean Baptiste Allanche.

La famille part s’installer durant l’année 1902 à Bressolles, un hameau situé dans la commune de Chaudes-Aigues dans le Cantal, possiblement avec Jean Allanche, à présent veuf, puisqu’il décède le 14 janvier 1904 en la demeure de Bressolles à l’âge de 87 ans. A-t-il été informé que sa fille Rosalie Marie Allanche est décédée deux jours avant à Neuvéglise, à l’âge de 44 ans ? Cette génération disparaîtra en ce début de siècle puisque Pierre Jean Louis Allanche décèdera en 1906 à Paris à l’âge de 51 ans, et que notre aïeule Marguerite Elisabeth Allanche décèdera dans la nuit du 22 juillet 1911 à l’âge de 53 ans chez Monsieur Etienne Pécoul du hameau de Echalouppe à Chauchailles, chez qui elle est employée en tant que domestique. De cette génération il ne subsistera que Marie Agathe Allanche (qui décèdera le 02 mai 1948 à Argenteuil à l’âge de 86 ans).

Les parents et grands-parents ne sont plus. Eugène et Célestine continuent de perpétuer la lignée sur les terres de l’Aubrac avec la naissance de trois nouveaux enfants dont notre aïeul Etienne Allanche, le 2 janvier 1907, alors que Adrien Jean Baptiste et Joseph Allanche, et leur cousin germain Jean Gerbal, partent travailler comme garçons de café et marchand de vins sur la région parisienne (possiblement vers 1912 puisque c’est à Paris que naîtra le deuxième enfant d’Adrien). Joseph vit d’abord à Levallois-Perret en 1910 avant de retrouver son frère Adrien vers 1912 rue des Greniers dans le 3ème arrondissement de Paris.

Eugène Allanche et sa famille déménagent à nouveau pour s’installer définitivement au hameau de la Brugerette à Maurines dans le Cantal où naîtront leurs deux derniers enfants durant la guerre. Le couple sera parent de 8 enfants dont 5 garçons nés entre 1897 et 1919. Ils hébergeront en 1921 un neveu, Maurice Biron né à Paris dans le 5eme arrondissement en 1916 (à identifier) et qui travaillera comme ouvrier agricole en 1926…


Nous retournons à Paris où avec son frère Adrien Jean Baptiste Allanche et son cousin Jean Gerbal pour témoins, Joseph Allanche épouse le 26 février 1914 une certaine Valentine Agnès Laurent, native de Saint-Jouin-sur-Mer (aujourd’hui Saint-join-Bruneval) en Seine-Maritime. Elle tombe aussitôt enceinte mais leur bonheur est brutalement interrompu à l’été par la déclaration de la première guerre mondiale….

Eugène Allanche, père de famille nombreuse, échappe au front, contrairement à ses frères Adrien et Joseph et leurs cousins, Jean Gerbal et Lucien Jean Baptiste Allanche, lui aussi à Paris, qui sont appelés à la mobilisation le 3 août 1914 par le bureau de recrutement d’Aurillac. Adrien entre au 151e régiment d’Infanterie et sera le premier à tomber, le 26 septembre 1915 à Aubérive dans la Marne. Joseph entre en 2eme classe du 52e Bataillon de chasseurs Alpins, 9eme compagnie. Il sera blessé le 28 août 1915 et le 26 septembre 1915 en faisant « bravement son devoir au cours des affaires du Linge ». Puis il sera de nouveau blessé le 20 juillet 1916 à Curlu « plaie épaule droite par éclat d’obus ». Il sera cité par ses supérieurs qui décriront qu’il s’est « vaillamment comporté aux affaires de juillet et août 1916 en enlevant des positions allemandes très sérieusement défendues ». Chasseur courageux et discipliné, il sera tué par l’ennemi à son poste au Bastion du Bois-Chevreux, à l’Est de Craonne dans l’Aisne. Il obtiendra la Croix de guerre avec l’Etoile Rouge mais aura t-il seulement vu son fils né durant cette guerre ? Son corps est identité le 24 septembre 1924, permettant ainsi de le transférer à la nécropole nationale de Craonnelle dans l’Aisne.

Ce monument aux morts de la commune de Chauchailles a gravé le nom des deux frères de mon aïeul à présent seul, et possiblement aussi parmi ces noms des copains qu’ils ont connu. On retrouve aussi leur nom dans le Livre d’Or du 10e arrondissement de Paris, la plaque commémorative de l’Eglise Saint-Joseph des Nation et sur le mur d’enceinte du Père Lachaise du Boulevard Ménilmontant. Leur cousin Jean Gerbal sortira vivant de cette guerre.


Un recensement de 1931 indique que la famille demeure au hameau de la Brugerette à Maurines dans le Cantal. Pierre Jean Allanche travaille comme menuisier et notre aïeul Etienne Allanche est ouvrier agricole.

Nous ne connaissons pas la date ni le lieu de décès de Marie Célestine Brion mais il est probable qu’elle ait quitté ce monde entre 1931 et 1936.

Après avoir perdu ses frères au combat, c’est au tour des fils d’Eugène de défendre notre pays. Casimir âgé de 25 ans deviendra soldat de 2ème classe au 38ème régiment d’infanterie et sera fait prisonnier au Stalag II B à Hammerstein en Allemagne selon une liste officielle établie en décembre 1940.

8. ETIENNE ALLANCHE ET MARIA REMISE

Mes arrière-grands-parents, des bougnats en pleine guerre


C’est vers l’an 1936 que mon arrière-grand-père Etienne Allanche part pour la capitale. Il s’installe seul au 24 rue au Maire dans le 3ème arrondissement de Paris (métro Arts et Métiers) où il travaille comme garçon de café. C’est durant cette vie à Paris qu’il fera la rencontre de sa future épouse, mon arrière-grand-mère Maria Remise, femme de chambre native de Rourelet dans le Cantal demeurant au 33 rue des écoles, près de la Sorbonne.

Alors qu’il est au service à l’armée, le couple se marie le 30 avril 1940 en la mairie du 3ème arrondissement de Paris, en présence de Marie Issaly, hôtelière au 24 rue au Maire et Robert Forms, plongeur. Il a 33 ans et elle 27 ans et de cette union naîtront deux enfants, mon grand-père Claude et son frère Christian. Je suis à la recherche de toutes informations concernant la vie de mes arrière-grands-parents et de mon grand-père maternel…

  • La seconde guerre mondiale
Stalag II B, Hammerstein le 08 août 1941

Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le 1er septembre 1939, Etienne et ses 5 frères sont appelés au front. Je ne dispose pas de toutes les fiches matricules, Adrien Jean Baptiste Allanche, garçon brun aux yeux gris et père de 4 enfants, avait fait des campagnes en Tunisie durant son service militaire mais il n’a pu combattre à cause d’une hypertrophie du cœur qui l’handicap. En revanche les deux petits derniers de la famille, Casimir et Hyppolite, seront faits prisonniers de guerre en 1940, l’un au camp Stalag II-B à Hammerstein (Czarne), l’autre au camp Stalag XI-A à Hohenstein (Olsztynek), possiblement suite à la bataille de France. C’est cette même année que mon arrière-grand-mère Maria tombera enceinte…